LE CIRCUIT DU LIVRE

 

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L’auteur

 

Tout commence avec l’auteur, son stylo ou son ordinateur. Parfois l’auteur travaille alors avec un autre auteur, on parle alors de co-auteurs. L’œuvre achevée l’auteur va prouver qu’il en est bien l’auteur. Pour lui le plus simple est de déposer l'œuvre auprès des sociétés d'auteurs :

 

Il est possible de déposer l'œuvre chez un officier ministériel, notaire ou huissier. C'est juridiquement la seule preuve irréfutable.

 

On peut éventuellement s'adresser à soi-même, par lettre recommandée cachetée à la cire, un exemplaire du manuscrit et garder l'enveloppe (avec le document toujours à l'intérieur) chez soi. Le cachet de la poste peut constituer une preuve.

L'auteur est enfin libre de tirer son manuscrit en un nombre d'exemplaires suffisants (cinq) pour effectuer le dépôt légal à la Bibliothèque nationale de France et au Ministère de l'intérieur. Il devient ainsi le premier éditeur de l'œuvre.

 

L’éditeur

 

Lorsque le manuscrit arrive chez l’éditeur et qu’il est accepté, l’auteur et l’éditeur signe un contrat d’édition. Dans ce le contrat d'édition, l'éditeur, après avis favorable de son comité de lecture, accepte de publier le manuscrit en prenant intégralement à sa charge le financement de la publication, de la promotion et de la diffusion (aucune participation financière ne doit, en principe, être demandée à l'auteur). Le contrat tient lieu de loi entre les deux parties et une fois signé il est difficile d'en contester la validité. En signant un contrat avec un éditeur, l'auteur ne cède que le droit d'exploitation commerciale de son œuvre. Le contrat entre l’éditeur et l’auteur définit leurs droits et devoirs respectifs, le nombre d’exemplaires du premier tirage envisagé, le mode de rémunération de l’auteur (pourcentage, dans la plupart des cas, forfait s’il s’agit de manuel scolaire ou de participation à un ouvrage collectif, dictionnaire ou encyclopédie).

Le manuscrit est alors :

  • parfois retravaillé par un rédacteur
  • agrémenté de dessins, de peintures, de photographies par l’illustrateur.

Il peut être intégré à une collection, puis :

  • mis en forme (texte et images) par le maquettiste
  • l’ensemble est révisé par les correcteurs

 

 

Imprimeur

 

La maquette est ensuite confiée à l’imprimeur qui le reproduit en un nombre d’exemplaires défini par l’éditeur.

 

Diffuseur / distributeur

 

L'éditeur va commencer par faire la promotion de son livre par des annonces dans la presse professionnelle et par des insertions publicitaires dans la presse générale. Il va essayer d'obtenir des commentaires favorables de la part des critiques (la pire des critiques étant qu'on ne parle pas du livre). Il sollicite des interviews de l'auteur dans des émissions radiophoniques ou télévisées. Enfin il va informer, et c'est là l'essentiel, les libraires de ses nouveautés.

Pour faire connaître ses livres et les vendre, l'éditeur va procéder à deux opérations : l'opération de diffusion et l'opération de distribution. Elles sont distinctes et se succèdent dans le temps. Faire connaître ses nouveautés aux vendeurs de livres s'appelle la diffusion, acheminer physiquement les ouvrages sur les lieux de vente s'intitule la distribution.

 

Diffusion. Diffuser signifie assurer la promotion des ouvrages auprès des divers détaillants, libraires, grossistes, centrales d'achat et ce pour réaliser des commandes. Cela consiste à leur faire connaître le calendrier des publications et leur donner toutes les informations susceptibles de les persuader de prendre et de vendre les livres : information sur le contenu des ouvrages mais aussi calendrier des émissions où l'auteur est invité, opinion des critiques, importance des budgets publicitaires consacrés à tel ouvrage, telle collection, dates et formes des opérations publicitaires éventuelles, toutes opérations qui aident au lancement d'un titre, d'une collection. Persuadé par un argumentaire personnalisé, le libraire accepte de prendre commande. Ce travail correspond au travail des représentants, il est effectué par des sociétés qu'on appelle des diffuseurs. Le travail du diffuseur consiste à faire connaître les livres aux libraires.

 

Distribution. Ce mot désigne l'ensemble des opérations matérielles qui permettent d'acheminer le livre qui vient d'être fabriqué jusqu'à son acheteur, opérations gérées par un organisme particulier dénommé distributeur. Le circuit le plus complet passe du stockage chez le distributeur jusqu'à la mise en place du livre chez le libraire. Le distributeur s'occupe de toute l'intendance matérielle et commerciale. Autrement dit, la distribution consiste :

  • à gérer les problèmes d'approvisionnement (transports, aménagement des entrepôts, manutention, stocks et mouvements de stocks
  • à centraliser et traiter les commandes (transmises par les représentants, le courrier, le téléphone, etc.) se traduisant matériellement par des facturations, bordereaux et par l'emballage et les expéditions des livres concernés
  • à gérer les compte des clients (relevés, relances, les avoirs, les problèmes de contentieux)
  • à reverser aux éditeurs le prix des ouvrages vendus (remise du détaillant et pourcentage de l'organisme de distribution déduits) et à les informer du suivi des ventes.

Les fonctions de diffusion et de distribution sont du ressort commercial et se concrétisent par l'existence de services commerciaux. On rencontre plusieurs cas de figures : un éditeur peut assurer lui-même sa diffusion et sa distribution; il peut assurer sa diffusion et passer un contrat avec un distributeur, il peut à la fois déléguer sa diffusion et sa distribution. Seuls les gros éditeurs ont les moyens d'entretenir une structure de distribution. La plupart des éditeurs sont donc dans la nécessité de sous-traiter la distribution. Le petit éditeur n'est pas libre de choisir son distributeur. C'est le distributeur qui refuse ou accepte son client moyennant un pourcentage sur les ventes (10 % au minimum sur les ventes), souvent assorti de la condition d'un chiffre d'affaires minimum et donc d'une rémunération minimum pour le distributeur. Inversement, sous-traiter la distribution, c'est se libérer de toute l'intendance commerciale, être délivré des problèmes de recouvrement de créances. C'est surtout avoir accès à de nombreux points de vente. Les vendeurs de livres ne peuvent pas multiplier les comptes fournisseurs. Ils n'acceptent la production d'un petit éditeur que si elle est traitée comme une ligne de produits dans un ensemble plus large. C'est enfin la possibilité de loger tout ou partie du stock. C'est par contre dépendre de son distributeur (bureaucratie) et c'est surtout informer le distributeur de ses programmes de parution six mois à l'avance. Or, en France, les grands groupes de distribution dépendent finalement d'éditeurs. En effet, tous les très gros éditeurs ou groupes de communication ont constitué des filiales de distribution (en partie pour justement garder un contrôle sur leur distribution et ne pas informer un concurrent de leurs projets de parution).

 

Lecteur

 

Le lecteur achète le livre chez son libraire ou s’abonne à une bibliothèque pour consulter les livres.