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21È SEMAINE DE |
Thème : Qui fait l’information ?
Travailler avec la presse, cliquez ici
01 Février 2010 Par Yolande Laloum-Davidas
Edition : Une info, des médias
Qui fait l'info? C'est une
question traitée depuis longtemps mais jamais vraiment tranchée par la théorie
de l'information. L'exemple du débat entre le ministre de l'immigration Eric
Besson et la fille du président du Front national Marine Le Pen, qui invitait
dans une seconde partie de l'émission le député européen socialiste Vincent
Peillon, en est une bonne illustration.
Au dernier moment, alors que
l'émission «A vous de juger» commençait sur France 2, Vincent Peillon a annoncé
sur son blog personnel qu'il avait décidé de ne pas y participer. La direction
de France 2, y déplorait-il, «n'a pas trouvé mieux, en cette rentrée 2010,
que de consacrer la seule émission politique de début de soirée à Eric Besson
et de le faire dialoguer avec Marine Le Pen» et «prend ainsi en otage le
service public et les personnels qui y travaillent. (...) Pour habiller le
tout, on m'a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner
cet exercice d'abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en
deuxième partie de soirée (...). Que M. Besson, Mme Le Pen et Mme Chabot
restent entre eux.» En direct, la directrice de l'information de la chaîne a
répliqué: «Ce débat a été proposé à Vincent Peillon en décembre. Il connaissait
les conditions. (...) Ce n'est pas lui qui est piégé ce soir, c'est nous.»
S'en est suivi un débat pour
savoir qui, des médias ou des politiques, devait décider des sujets de débat et
des modalités des sujets qui font la «une». Les politiques ont beau jeu de
souligner que les médias ne disposent d'aucune légitimité démocratique: ils ne
sont pas élus et pourtant ils s'arrogent le pouvoir de décider de ce qui est
important ou non (la hiérarchie de l'information). D'où vient alors que le
troisième président américain Thomas Jefferson assurait ceci : «Si je devais
choisir, avoir un gouvernement sans journaux ou des journaux et pas de
gouvernement, je n'hésiterais pas une seconde à choisir la seconde option»?
C'est que la presse n'est pas un pouvoir, mais un contre-pouvoir. Elle tire sa
légitimité de ce qu'elle est un acteur professionnel et, en théorie,
désintéressé de l'information. Face à l'élu, qui serait représentant partisan
de l'intérêt de ses électeurs, le journaliste serait un représentant presque
technique de l'intérêt général: «Le journaliste est un médiateur, c'est-à-dire
un citoyen qui surveille, qui fouille, qui analyse, et qui doute pour tous les
autres citoyens», assure, dans une interview accordée à CBNews la nouvelle
directrice de la rédaction du Monde, Sylvie Kauffmann.
Cette conception fait pourtant peu de cas de l'influence politique qu'exercent
les rédactions. De ce constat est né, sous la plume de deux chercheurs
américains, McCombs et Shaw, le principe de l'«agenda-setting». A les lire, les
médias contribuent grandement à la formation de l'opinion publique, en attirant
l'attention sur certains événements et en écartant d'autres sur des critères
jamais objectivés.
Les médias déterminent donc, par
choix, mais plus encore par réflexe («c'est ce qui intéresse les lecteurs»,
entend-on régulièrement, sans que jamais aucune mesure ne soit fournie pour
étayer une telle intuition) le calendrier des événements et la hiérarchie des
sujets. Selon la formule restée célèbre, ils ne disent pas à leur public ce
qu'il doit penser, mais à quoi il doit penser. McCombs et Shaw, en 1972,
utilisent l'affaire du Watergate pour démontrer leur hypothèse.
Dans cette affaire, cinq
«cambrioleurs» sont arrêtés alors qu'ils sont en train de poser des micros dans
les locaux du Parti démocrate à Washington. Deux journalistes du Washington
Post, Carl Bernstein et Bob Woodward, enquêtent sur cette affaire et découvrent
que cette affaire remonte jusqu'à l'administration du président des Etats-Unis,
Richard Nixon. Celui-ci finira par démissionner avant d'être destitué. McCombs
et Shaw démontrent que par leur présentation et leur persévérance, Bernstein et
Woodward ont transformé ce qui n'aurait pu être qu'un fait divers en crise
constitutionnelle.
Dans cette optique, c'est donc
bien le journaliste qui fait l'info: en s'intéressant à un sujet particulier,
en le creusant, en en rendant compte jour après jour, il l'impose au cœur du
débat public.
L'idée est pourtant battue en
brèche depuis lors. D'abord par le personnel politique (et par extension, par
ceux qui ont affaire aux médias) qui a appris à maîtriser la communication. Il
a appris à nourrir la presse en sujets de façon à occuper le terrain et qu'elle
n'ait plus le temps, ni le besoin d'aller voir plus loin pour remplir ses
journaux. Avec l'apparition de l'information en continu (France Info, LCI puis
la plupart des sites Web d'information), on assiste même à un développement de
cette technique et un morcellement de cette information en une multitude
d'anecdotes susceptible de faire du buzz: d'utiliser à un moment ou à un autre
de la journée le «temps de cerveau disponible», pour reprendre une célèbre
expression de l'ex-patron de TF1, Patrick Le Lay. Sans que pour autant cela
fasse sens.
Le public peut-il intervenir alors
comme troisième terme dans ce face-à-face entre l'acteur et le médiateur?
C'est bien évidemment la promesse du participatif, que le
médias expérimentent sur Internet. L'idée que si on le confie au lecteur,
l'agenda serait plus pertinent ou du moins plus en phase avec ses attentes.
C'est considérer que le lecteur sait d'avance ce qu'il cherche, qu'il connaît
l'information et se place dans la posture de celui qui veut l'approfondir.
C'est aussi estimer que par la quantification, par l'ajout des intérêts particuliers,
on obtient un intérêt général moyen
ARPEJ
Vidéo : cliquez ici
La « sphère Média » réalisée avec le CLEMI, explore les coulisses d’une chaîne de télévision en vidéos avec les :
coulisses du magazine C dans l’air
Résumé de la
vidéo :
Pour
coulisses de Médias, le magazine
Résumé de la
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Comment se fabrique un magazine
d’information et de décryptage des médias ? Découvrez l’envers du décor de Médias,
le magazine : les montages des reportages réalisés par les journalistes et
validés avec Thomas Hugues pour une optimisation des interviews en plateau, les
rapports du producteur et de la chaîne avec le travail de la rédaction, les
difficultés de vérification des informations.
Résumé de la
vidéo:
Dans le cadre de la semaine de la presse,
Curiosphere.tv se propose d’illustrer les coulisses de la télévision. Dans cet
extrait, le réalisateur de « Trois familles en Afrique » explique la
préparation du documentaire : les relations avec France 5 (synopsis et
validation du projet), les repérages (casting et choix des familles, lieux de
tournage), l’utilisation des experts, les différentes interviews à réaliser.
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Mots
croisés sur la presse, niveau 1
Mots
croisés sur la presse, niveau 2